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Quatorze enquêtes ont été ouvertes aux Etats-Unis
sur les abus commis au nom du Patriot Act
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| Auteur: |
L'éditorial (Avec AFP et Reuters)
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| Source: |
Le
Monde
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| Date: |
Le Mardi 22 Juillet 2003
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es enquêtes ne couvrent qu'une partie infime des 1,073 plaintes déposées par des personnes soupçonnées, arrêtées ou détenues à la suite des attentats du 11 septembre 2001.
Le département américain de la justice a ouvert pour le moment quatorze enquêtes portant sur les mauvais traitements et les insultes dont auraient été victimes des personnes arrêtées aux Etats-Unis à la suite des événements du 11 septembre 2001, selon un rapport du gouvernement rendu public lundi 21 juillet.
L'ouverture de ces enquêtes, selon le rapport, ne couvre qu'une partie infime des 1,073 plaintes reçues par les autorités judiciaires américaines par des personnes emprisonnées en vertu du Patriot Act, une loi adoptée après les attaques du 11 septembre, qui donne des pouvoirs sans précédent aux forces de police en matière de surveillance et d'internement des personnes.
Dans son rapport semestriel au Congrès, l'inspecteur général du département de la justice, Glen Fine, dit avoir reçu 272 plaintes entre la mi-décembre 2002 et la mi-juin 2003 concernant des abus commis par des employés du département contre des individus soupçonnés, arrêtés ou détenus dans le cadre des enquêtes menées aux Etats-Unis à la suite des attentats du 11 septembre.
Il s'agit du troisième rapport de l'inspecteur Fine depuis la promulgation du Patriot Act. Le mois dernier, l'inspecteur général avait révélé que des étrangers détenus dans le cadre des enquêtes antiterroristes avaient été incarcérés pour des périodes indûment longues sans avoir été avisés des accusations qui pesaient sur eux, en plus de subir des traitements brutaux non justifiés.
Les plaintes dénoncent notamment l'usage excessif de la force par des agents correctionnels, le harcèlement verbal par des membres du personnel carcéral, le comportement violent de certains inspecteurs de l'immigration, les fouilles illégales de résidences privées menées par des agents du FBI ou encore la menace de mort de prisonniers, en passant par le non-respect de la religion musulmane, a fait savoir l'inspecteur.
Parmi les six plaintes faisant actuellement l'objet d'une enquête, un détenu de confession musulmane s'est plaint d'avoir été harcelé verbalement par un agent correctionnel qui l'a prié d'enlever son tee-shirt pour ensuite s'en servir pour nettoyer ses chaussures. Dans un autre cas, des agents du FBI sont accusés d'avoir fouillé illégalement l'appartement d'un citoyen américain arabe, de l'avoir saccagé et de le traiter de "terroriste". Ces même agents, n'ayant pas pu prouver ses liens avec un réseau terroriste, auraient alors tenté de l'accuser d'être en possession de drogue. Par ailleurs, un officier du service de l'immigration aurait menacé un détenu d'origine étrangère et pointé sur sa tête une arme chargée. Un Egyptien, arrêté juste après le 11 septembre 2001 par le FBI, a déclaré avoir dû subir à plusieurs reprises des fouilles corporelles, ne pas avoir pu contacter son consulat, ne pas avoir eu le droit de pratiquer ses rites religieux et avoir été obligé de consommer des aliments interdits par l'islam.
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